
Stéphanie KROL
Pendant 22 ans, j’ai travaillé dans une grosse entreprise. Durant ces années, j’ai créé ma propre entreprise d’écrivain public et de rédactrice web, pensant avoir trouvé une façon de conjuguer mon goût pour les mots avec une activité concrète. Mais quelque chose manquait toujours. Ces métiers, aussi proches soient-ils de l’écriture, ne me faisaient pas vibrer comme je l’espérais. Une question a fini par s’imposer à moi : avais-je encore envie de continuer sur cette voie, quelle qu’elle soit ? Cette interrogation a ouvert un espace de réflexion sur ce qui comptait vraiment pour moi, et l’écriture, la vraie, celle des histoires et des romans, s’est peu à peu révélée comme une évidence.
Durant toutes ces années, j’ai aussi beaucoup voyagé. Ces voyages ont nourri mon regard sur le monde et sur les autres, et aujourd’hui encore, ils infusent chacun de mes romans : les lieux que j’ai traversés, les rencontres que j’y ai faites, les émotions qu’ils ont fait naître en moi se retrouvent, transformés, dans les histoires de mes personnages.
Mais entre cette évidence et le passage à l’action, il y a eu le doute. Je sentais que je devais me lancer dans l’écriture d’un roman, sans pour autant me sentir légitime. Qui étais-je pour écrire un livre ? Un soir où ce doute était particulièrement présent, j’ai allumé la télévision, et je suis tombée sur Netflix. La toute première image qui s’est affichée montrait une série dont l’héroïne traversait, justement, le parcours d’une écrivaine auto-éditée. Je l’ai regardé, bouleversée par cette coïncidence qui n’en était peut-être pas une. Ce genre de signe, je l’ai vécu plusieurs fois par la suite, comme si la vie elle-même me confirmait que j’étais sur le bon chemin. Et plus j’avançais, plus mon intuition se faisait forte et claire.
En 2021, j’ai pris la décision de me lancer : une année sabbatique pour écrire mon premier roman, « Oser Vivre », qui deviendra plus tard « Camille », premier titre de la collection Oser Vivre. Cette année-là a aussi été marquée par un nouveau départ professionnel, un domaine qui, sur le papier, ne me correspondait pas du tout, mais quelque chose en moi me disait que je devais postuler. J’ai suivi cette intuition sans vraiment comprendre pourquoi. Environ un an et demi après mon embauche, j’ai rencontré une personne qui m’a donné un simple contact, un contact qui allait pourtant faire évoluer mon activité d’autrice de façon déterminante. Aujourd’hui, je me dis que c’est précisément pour cette rencontre que je devais travailler dans cette entreprise. Malgré l’absence d’écriture au quotidien dans ce poste, elle ne m’a plus quittée : le soir, le week-end, chaque moment disponible y passait. Raconter des histoires de femmes en quête de reconstruction est devenu mon fil conducteur, presque une nécessité.
Une fois le manuscrit achevé, j’ai fait appel à une correctrice professionnelle pour donner à ce premier roman toute la rigueur qu’il méritait. En février 2025, « Oser Vivre » a vu le jour sur Amazon. Je devenais officiellement écrivaine auto-éditée, sous statut artiste-auteur. Tenir ce livre imprimé entre mes mains reste l’un des moments les plus forts de ce parcours.
J’ai ensuite commencé à démarcher les librairies, et j’ai eu la chance de vivre ma première séance de dédicace chez Cultura. Se retrouver face à des lectrices venues échanger sur ces sujets qui me tiennent à cœur, c’est une expérience d’une richesse rare. Depuis, l’aventure s’est poursuivie : de nouveaux romans ont vu le jour, et les dédicaces se sont multipliées.
En 2026, j’ai fait le choix de me consacrer entièrement à cette passion devenue mon métier. Pour donner corps à ce choix, j’ai décidé de faire un bilan de compétences, afin d’identifier les activités complémentaires les plus en phase avec ce que je suis devenue. Un métier en est ressorti auquel je n’aurais jamais pensé de moi-même : coach en développement personnel. Et avec le recul, tout prend son sens : ce métier n’est pas une bifurcation, c’est un prolongement naturel de mon parcours d’écrivaine et des sujets que j’explore depuis toujours dans mes romans : la reconstruction, la confiance en soi, le courage de s’écouter.
Avant, je ne prêtais pas attention à mes intuitions, aux synchronicités, aux signes qui se présentaient sur ma route. Mais le jour où l’on commence à les reconnaître, la vie change : elle devient plus fluide, presque plus simple. Encore faut-il laisser de la place à la spontanéité. Une vie remplie d’habitudes, verrouillée dans des routines trop rigides, ne laisse pas entrer ce genre de signes, elle les fait passer inaperçus.
Si tu hésites encore, si une envie sommeille en toi, sache une chose : je n’avais pas de plan tout tracé, juste une intuition que je n’arrivais plus à taire, et la conviction que se reconnecter à soi n’a pas d’âge ni de bon moment. Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses pour commencer. Tu as besoin d’oser écouter ton intuition.
Alors ose. Ose vivre.